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Sécurité routière : Ousmane Ndoye réclame le départ du DG de l'ANASER et plaide pour une meilleure prise en charge des victimes d’accidents

Mercredi 5 Août 2026

Ancien technicien en carrosserie, spécialiste des travaux maritimes et ancien coordonnateur du président Abdoulaye Wade, Ousmane Ndoye est aujourd'hui président de l'Association nationale pour la prévention des  accidents de la route (ANPAV). Devenu lui-même victime d'un  accident de la circulation, il a fait de son expérience un combat pour la  sécurité routière. Dans une déclaration, il revient sur son parcours, expose les insuffisances de la prise en charge des accidentés et appelle le président Bassirou Diomaye Faye à réformer l’Agence nationale de Sécurité routière (ANASER), allant jusqu'à réclamer le départ de son directeur général, Atoumane Sy.

Victime d'un grave accident de la circulation alors qu'il accomplissait, selon lui, une mission d'État, Ousmane Ndoye affirme que cet événement a complètement bouleversé sa vie. « J'étais une personne mobile qui marchait. Aujourd'hui, être dans un fauteuil roulant a changé toute ma vie, ma vie familiale, le regard de la société et le regard sur moi-même. Être accidenté, c'est une épreuve extrêmement difficile. » Selon lui, c'est cette épreuve qui l'a poussé à créer l'Association nationale pour la prévention des accidents de la route (ANPAV), dont l'objectif est de réduire le nombre de décès et de personnes handicapées à la suite des accidents de la circulation.

Un projet articulé autour de trois axes
Ousmane Ndoye explique que son projet repose sur trois étapes essentielles : avant, pendant et après l'accident. « Avant l'accident, il faut sensibiliser les conducteurs, les passagers et tous les usagers de la route. Pendant l'accident, il faut améliorer les secours. Les sapeurs-pompiers sont efficaces, mais ils manquent de moyens. Après l'accident, il faut améliorer la prise en charge des victimes dans les hôpitaux. »

Il estime notamment que les procédures administratives ralentissent souvent les soins. « Il y a des lenteurs de paiement alors que 99 % des véhicules sont assurés. L'État doit mieux organiser tous les acteurs du secteur. Quant aux véhicules non assurés, le Fonds de garantie automobile existe, mais beaucoup de Sénégalais ignorent son fonctionnement. » Selon lui, ces retards coûtent parfois la vie à certaines victimes. « Beaucoup de personnes décèdent avant même d'être opérées. D'autres restent paralysées parce que l'intervention n'a pas été assez rapide. »

Des remerciements aux autorités

À l'occasion de son déplacement à Touba, Ousmane Ndoye a tenu à saluer plusieurs autorités qu'il estime engagées dans la lutte contre l'insécurité routière. Il a notamment félicité le président Bassirou Diomaye Faye. « Je remercie le président Diomaye Faye pour son engagement. La pose de la première pierre du futur hôpital de dernière génération à Touba montre sa volonté d'améliorer notre système de santé. »

Il a également exprimé sa gratitude au ministre des Transports, Abdoulaye Ahad Ndiaye, au président de l'OFNAC, Moustapha Ka, au directeur général de l'ADS, Ibrahima Sarr, ainsi qu'à plusieurs responsables d'Ageroute, du CETUD et de la Direction des transports routiers. Selon lui, leurs actions ont contribué à la baisse des accidents sur certains axes routiers.

« Nous demandons le départ d'Atoumane Sy »

En revanche, le président de l'ANPAV s'est montré très critique à l'égard de la direction de l'Agence nationale de Sécurité routière (ANASER). Il estime que cette structure ne remplit plus correctement sa mission. « Nous demandons au président Bassirou Diomaye Faye de relever M. Atoumane Sy de ses fonctions. Ce n'est pas sa personne qui m'intéresse, c'est l'avenir de l'agence. »

Selon lui, plusieurs insuffisances expliquent cette demande. « Il n'a aucune compétence en matière de sécurité routière. Ce n'est ni un manager ni un administrateur. Aujourd'hui, beaucoup de milliards sont perdus parce que des personnes sans expérience ont été recrutées. »

Il regrette également que les victimes d'accidents, les transporteurs, les professionnels de santé, les forces de sécurité et la société civile ne soient plus suffisamment associés aux activités de l'agence.

« Ceux qui vivent les accidents et qui en connaissent les conséquences sont les mieux placés pour sensibiliser. Pourtant, ils sont écartés. » Il dénonce enfin un manque de coordination. « L'ANASER devait rassembler la police, les médecins, les transporteurs, les victimes et la société civile. Aujourd'hui, cette coordination n'existe plus. »

Plaidoyer pour les personnes en situation de handicap
Au-delà de la sécurité routière, Ousmane Ndoye a lancé un appel en faveur d'une meilleure représentation des personnes vivant avec un handicap dans les institutions publiques. « Depuis son arrivée au pouvoir, je n'ai pas encore vu une personne en situation de handicap être nommée ministre ou conseiller. Pourtant, le Sénégal est composé d'hommes, de femmes et de personnes en situation de handicap. »

Selon lui, l'expérience de ces personnes constitue un atout pour les politiques publiques. « Ce qui compte, c'est l'expérience. Nous avons cette expérience et nous sommes prêts à accompagner le président de la République pour mettre le Sénégal sur les bons rails. »

Tout en réaffirmant son soutien aux réformes engagées par le chef de l'État, le président de l'ANPAV invite les autorités à mieux intégrer les personnes en situation de handicap dans les instances de décision et à renforcer les politiques de prévention des aaa afin de réduire durablement le nombre de victimes sur les routes sénégalaises
 



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Prisons : La fouille à nu désormais bannie à l'admission des détenus

Dans une note de service datée du 10 août 2026, la Direction générale de l'Administration pénitentiaire (DGAP) annonce l'interdiction de la fouille à nu des personnes détenues lors de leur admission dans les établissements pénitentiaires du pays.
​Signé par le Directeur général, l'Inspecteur Aliou Ciss, ce document s'inscrit dans le cadre du respect des textes nationaux — notamment les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 modifiant les procédures d'exécution des sanctions pénales — et des standards internationaux, en particulier les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Mandela ».
​Bien que la fouille soit reconnue comme une « mesure de sécurité nécessaire pour protéger le personnel pénitentiaire, les détenus et les usagers de la prison contre l'introduction d'objets ou de produits prohibés », l'autorité pénitentiaire souligne la nécessité de moderniser et d'adoucir les pratiques du terrain.

« De façon générale, elle est humiliante et dégradante »

​Le diagnostic posé par la Direction générale est sans équivoque sur l'impact de ces méthodes sur la personne humaine. « Constat a été fait que dans la pratique, les différentes fouilles effectuées comme la fouille par palpation, la fouille à nu, la fouille des locaux, des colis méritent d'être plus humanisées, en particulier celle à nu », relève l'Inspecteur Aliou Ciss.
​Le Directeur général insiste particulièrement sur la préservation de la dignité des arrivants : « De façon générale, elle est humiliante, dégradante et porte atteinte à la dignité humaine quel que soit l'impératif de sécurité visé. Pour cette raison elle doit s'effectuer avec tact, sans brutalité, dans une parfaite correction et dans le respect de la dignité de la personne humaine. » La note rappelle également le principe fondamental selon lequel la fouille doit impérativement être effectuée par un personnel de même sexe.

Des mesures concrètes et des exceptions très encadrées

​Dans un souci affirmé de renforcer le respect des droits humains, les autorités étatiques ont pris la décision de mettre un terme à la fouille à nu systématique lors des admittances. Pour formaliser ce changement de cap, la direction enjoint les responsables d'établissements de désigner un cadre responsable de la procédure de fouille et d'aménager des locaux ou box individuels pour isoler les arrivants.
​Désormais, les agents ne doivent recourir à la fouille systématique des nouveaux arrivants que par nécessité, en arrêtant la pratique du déshabillage intégral et en procédant aux contrôles tout en leur laissant leur culotte.
​La note de service prévoit toutefois un cadre d'exception très strict pour les situations à risque élevé. « En cas de présomption précise d'infraction ou d'un risque avéré pour la sécurité, et si les palpations sur culotte s'avèrent insuffisantes, on peut procéder exceptionnellement à la fouille à nu », précise le texte.
​Affirmant attacher un « prix au strict respect » de ces nouvelles dispositions, le Directeur général de l'Administration pénitentiaire a indiqué que cette mesure prenait effet immédiatement à compter de sa date de signature.


Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit

Installé à la tête de la haute juridiction constitutionnelle, l’ancien procureur général près la Cour suprême entend placer son mandat sous le sceau de l’humilité, de l’indépendance du juge et de la fidélité absolue à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel du Sénégal tourne une page de son histoire. Plus d’un an après la disparition de Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025, l’institution accueille désormais à sa tête Ousmane Diagne.
Installé officiellement ce mardi 11 août 2026, le nouveau président n’a pas choisi le registre de l’autocélébration pour inaugurer son magistère. Il a plutôt parlé de devoir, de responsabilité et de cette humilité que commande toute charge placée au sommet de l’État.
À l’entendre, présider le Conseil constitutionnel n’est ni un privilège ni une consécration personnelle. C’est une charge dont la gravité impose retenue, discernement et sens aigu du devoir.
Dans l’enceinte où se rencontrent le droit, la République et la souveraineté populaire, Ousmane Diagne entend ainsi inscrire son action dans une exigence cardinale : la loyauté envers la Constitution, l’État de droit et l’indépendance de la justice constitutionnelle.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
La continuité dans la grandeur de l’institution
En prenant les rênes du Conseil constitutionnel, le nouveau président n’a pas davantage voulu faire table rase du passé. Il a rendu hommage à ses prédécesseurs, saluant leur compétence juridique, leur indépendance et leur sens de l’État.
Une manière de rappeler que les institutions survivent aux hommes et que leur grandeur ne tient pas à la personnalité de ceux qui les dirigent, mais à la fidélité avec laquelle ceux-ci accomplissent la mission qui leur est confiée.
Cette philosophie trouve son expression dans une formule particulièrement forte : « Les institutions ne tirent pas leur force de la puissance des hommes, mais de la loyauté avec laquelle ceux-ci les servent. »
Tout est dit.
Dans cette conception, l’autorité institutionnelle ne procède ni de la puissance ni de l’éclat, mais de la règle de droit.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
Le juge constitutionnel, gardien de la confiance démocratique
Au-delà de sa mission juridictionnelle, Ousmane Diagne a insisté sur la responsabilité démocratique du Conseil constitutionnel.
Parce qu’il intervient notamment dans le contentieux électoral et dans la proclamation des résultats définitifs des scrutins relevant de sa compétence, le Conseil se trouve au cœur d’un mécanisme essentiel : celui qui transforme le suffrage des citoyens en légitimité institutionnelle.
Il est donc, dans cette architecture républicaine, bien davantage qu’une juridiction parmi d’autres. Il est l’un des gardiens de la confiance démocratique.
Mais cette position impose une limite que le nouveau président a tenu à rappeler avec netteté : le Conseil constitutionnel n’est pas un acteur politique.
« Il ne gouverne pas. Il ne légifère pas. Il ne juge pas de l’opportunité des choix politiques. Il dit simplement le droit », a-t-il martelé.
Une déclaration qui sonne comme un rappel de principe, mais aussi comme une profession de foi : au Conseil constitutionnel, la politique ne saurait dicter le droit ; c’est le droit qui doit encadrer l’exercice du pouvoir.
 
L’indépendance comme condition de la confiance
Reste une exigence peut-être plus difficile encore : inspirer confiance. Car une décision de justice, particulièrement lorsqu’elle touche à la vie politique ou à une échéance électorale, ne produit pleinement son effet démocratique que lorsqu’elle est rendue dans un climat de sérénité et qu’elle apparaît, aux yeux des citoyens, comme le fruit d’un jugement indépendant et impartial.
Ousmane Diagne souhaite précisément que les décisions de l’institution puissent susciter « le respect, la confiance et la sérénité ».
Pour y parvenir, il mise également sur la collégialité, valorisant l’expérience et les compétences de ses pairs. La confrontation des intelligences, loin d’affaiblir la décision juridictionnelle, doit au contraire contribuer à l’éclairer et à la fortifier.
Le nouveau président dessine ainsi les contours d’un Conseil qui se voudrait indépendant dans son jugement, impartial dans ses décisions, mesuré dans son expression, ferme dans ses principes et entièrement voué à la Constitution.
 
Un mandat placé sous le regard de l’histoire
En succédant à Mamadou Badio Camara, Ousmane Diagne hérite d’une institution dont chaque décision peut peser sur le destin politique et institutionnel du Sénégal.
Son installation intervient dans un contexte où la consolidation de la confiance dans les institutions demeure une exigence majeure. Dans un tel environnement, le Conseil constitutionnel ne pourra être jugé uniquement sur la noblesse des principes énoncés par son président, mais sur la manière dont ces principes résisteront à l’épreuve des faits.
L’heure des déclarations solennelles cédera nécessairement la place à celle des décisions. Et c’est alors que se mesurera véritablement la portée du cap fixé ce 11 août 2026. Car au sommet de la République, la Constitution ne demande ni faveur ni complaisance.
Elle exige seulement des hommes chargés de la servir qu’ils demeurent fidèles à son esprit, à sa lettre et à l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est cette fidélité qu’Ousmane Diagne place désormais au cœur de son mandat.
Le temps dira si cette promesse de loyauté deviendra, au fil des décisions, la véritable signature de sa présidence.