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Offense au chef de l'État: amignou Darou et deux co-prévenus condamnés

Mercredi 5 Août 2026

Les militants de Pastef-Les Patriotes, Mandoumbé Diop alias Lamignou Darou, Magueye Diaw dit Oustaz Thiep et Moustapha Ndiaye alias Ndiaye Touba, placés sous mandat de dépôt jeudi dernier, ont comparu ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Ils sont poursuivis pour offense au chef de l’État et discours contraire aux bonnes mœurs, à la suite de leur interpellation par la Division spéciale de cybersécurité (DSC).
​Selon les faits, les trois prévenus ont diffusé une vidéo dans laquelle ils qualifient le président de la République de « traître » et formulent à son encontre des vœux de maladie, notamment un AVC, allant jusqu’à souhaiter sa mort.
​À la barre, Mandoumbé Diop, 36 ans, commerçant, a reconnu être l’auteur des vidéos projetées à l’audience. Déjà condamné en octobre dernier pour discours contraire aux bonnes mœurs, il comparaît de nouveau pour des faits similaires. Magueye Diaw, 36 ans, et Moustapha Ndiaye, 35 ans, tous deux commerçants, ont également reconnu avoir participé à la première vidéo, tout en contestant les infractions qui leur sont reprochées.
​Les juges ont projeté deux vidéos à l’écran. La première a été réalisée par les trois prévenus lors du Magal de « Mbacké Bari ». Dans cette séquence, ils évoquent un « traître » sans citer explicitement le nom du président de la République, mais tiennent des propos dans lesquels ils lui souhaitent une maladie et même la mort. Interrogés par le président du tribunal, ils ont confirmé que cette vidéo avait été enregistrée le 18 juillet 2026 à Mbacké Bari après la première.
​La seconde vidéo met en scène le seul Lamignou Darou. Dans cet enregistrement, il critique directement le chef de l’État, qu’il accuse de manquer de courage, affirmant éprouver de la pitié pour lui parce qu’il aurait été « marabouté ». Il déclare également ne pas souhaiter la réussite du président et revient sur le discours prononcé par Bassirou Diomaye Faye lors du lancement de son parti Kiiraay, au cours duquel le chef de l’État avait employé l’expression « sa fitna ». Selon lui, le président manque de courage de prononcer le nom d’Ousmane Sonko. Dans la même vidéo, Lamignou Darou a affirmé n’avoir « pas peur de dire sa pensée » à l’égard du président et ne pas envisager de quitter le pays durant son mandat.
​Mais, au fil des débats d’audience, il a fait un revirement de 180 degrés (ou de 360 degrés), soutenant qu’il ne faisait que commenter l’actualité et qu’il ne s’adressait pas directement au président de la République.
​De son côté, Magueye Diaw, alias Oustaz Thiep, a insisté sur le fait que le président « a un nom » et qu’aucun nom n’avait été cité dans leur vidéo. Moustapha Ndiaye, alias Ndiaye Touba, a, lui aussi, soutenu que leurs propos ne visaient personne en particulier. Ils faisaient de la comédie comme ils ont l’habitude de le faire.
​Au cours de son interrogatoire, le procureur de la République a demandé aux prévenus à qui étaient destinés les vœux exprimés dans la première vidéo. Lamignou Darou a répondu qu’ils n’avaient « aucun destinataire ». S’agissant de la seconde vidéo, le représentant du parquet lui a demandé qui était le président de la République. « Il s’appelle Diomaye », a répondu le prévenu. Le procureur lui a alors rétorqué qu’il s’adressait bien au chef de l’État. À cette observation, Lamignou Darou a lancé : « Non, je ne fais pas partie du Sénégal », le public s’éclate de rire.
​Interrogés par leurs avocats, les trois prévenus ont maintenu qu’ils n’avaient cité ni le nom du président ni une quelconque institution de la République.
​Dans son réquisitoire, le procureur Babacar Bèye a estimé que les propos tenus portent atteinte à l’institution présidentielle. Selon lui, même si les prévenus tentent aujourd’hui de minimiser leurs déclarations, « tout le monde sait qui est le véritable destinataire » de leurs propos. Il a également souligné que Lamignou Darou n’avait manifestement tiré aucune leçon de sa précédente condamnation. Le ministère public a requis 6 mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, assortis d’une amende de 500 000 FCFA contre Oustaz Thiep et Ndiaye Touba. Pour Lamignou Darou, il a demandé un an d’emprisonnement, dont 6 mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA.
​Pour la défense, Me Abdoulaye Tall a dénoncé « une procédure scandaleuse », estimant qu’aucune infraction n’était constituée dans ce dossier. Selon lui, les éléments retenus par le parquet ne permettent pas de caractériser les délits d’offense au chef de l’État et de discours contraire aux bonnes mœurs. Il a plaidé le renvoi des fins de la poursuite. Me Famara Faty dira que le discours contraire aux bonnes mœurs n’a pas été caractérisé. Les poursuites sont très légères, car ses clients faisaient une vidéo comédie. Me Takha Cissé plaide une tentative d’intimidation. Selon lui, aucune infraction ne peut être retenue à l’encontre des prévenus pour plaider la relaxe pure et simple.
​Me Théophile Kaossy dit que le ministère public cherche à museler les prévenus. C’est un procès politique initié par le procureur de la République. À sa suite, Me Abdy Nar Ndiaye dit que techniquement il n’y a pas d’infraction dans les faits de l’espèce. Me Youssoupha Camara soutient qu’il n’y a aucun mot déplacé dans les discours des prévenus. Ils ont exprimé un ressenti. Il a sollicité qu’ils soient relaxés. Me Ibamar Diop s’est rapporté à la plaidoirie de ses confrères.
​En rendant son jugement, le tribunal a déclaré les prévenus coupables des faits qui leur sont reprochés. Lamignou Darou a écopé d’une peine de 3 mois avec une amende de 500 000 FCFA. Oustaz Thiep et Ndiaye Touba sont condamnés à 2 mois ferme et 500 000 FCFA d’amende.
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Prisons : La fouille à nu désormais bannie à l'admission des détenus

Dans une note de service datée du 10 août 2026, la Direction générale de l'Administration pénitentiaire (DGAP) annonce l'interdiction de la fouille à nu des personnes détenues lors de leur admission dans les établissements pénitentiaires du pays.
​Signé par le Directeur général, l'Inspecteur Aliou Ciss, ce document s'inscrit dans le cadre du respect des textes nationaux — notamment les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 modifiant les procédures d'exécution des sanctions pénales — et des standards internationaux, en particulier les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Mandela ».
​Bien que la fouille soit reconnue comme une « mesure de sécurité nécessaire pour protéger le personnel pénitentiaire, les détenus et les usagers de la prison contre l'introduction d'objets ou de produits prohibés », l'autorité pénitentiaire souligne la nécessité de moderniser et d'adoucir les pratiques du terrain.

« De façon générale, elle est humiliante et dégradante »

​Le diagnostic posé par la Direction générale est sans équivoque sur l'impact de ces méthodes sur la personne humaine. « Constat a été fait que dans la pratique, les différentes fouilles effectuées comme la fouille par palpation, la fouille à nu, la fouille des locaux, des colis méritent d'être plus humanisées, en particulier celle à nu », relève l'Inspecteur Aliou Ciss.
​Le Directeur général insiste particulièrement sur la préservation de la dignité des arrivants : « De façon générale, elle est humiliante, dégradante et porte atteinte à la dignité humaine quel que soit l'impératif de sécurité visé. Pour cette raison elle doit s'effectuer avec tact, sans brutalité, dans une parfaite correction et dans le respect de la dignité de la personne humaine. » La note rappelle également le principe fondamental selon lequel la fouille doit impérativement être effectuée par un personnel de même sexe.

Des mesures concrètes et des exceptions très encadrées

​Dans un souci affirmé de renforcer le respect des droits humains, les autorités étatiques ont pris la décision de mettre un terme à la fouille à nu systématique lors des admittances. Pour formaliser ce changement de cap, la direction enjoint les responsables d'établissements de désigner un cadre responsable de la procédure de fouille et d'aménager des locaux ou box individuels pour isoler les arrivants.
​Désormais, les agents ne doivent recourir à la fouille systématique des nouveaux arrivants que par nécessité, en arrêtant la pratique du déshabillage intégral et en procédant aux contrôles tout en leur laissant leur culotte.
​La note de service prévoit toutefois un cadre d'exception très strict pour les situations à risque élevé. « En cas de présomption précise d'infraction ou d'un risque avéré pour la sécurité, et si les palpations sur culotte s'avèrent insuffisantes, on peut procéder exceptionnellement à la fouille à nu », précise le texte.
​Affirmant attacher un « prix au strict respect » de ces nouvelles dispositions, le Directeur général de l'Administration pénitentiaire a indiqué que cette mesure prenait effet immédiatement à compter de sa date de signature.


Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit

Installé à la tête de la haute juridiction constitutionnelle, l’ancien procureur général près la Cour suprême entend placer son mandat sous le sceau de l’humilité, de l’indépendance du juge et de la fidélité absolue à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel du Sénégal tourne une page de son histoire. Plus d’un an après la disparition de Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025, l’institution accueille désormais à sa tête Ousmane Diagne.
Installé officiellement ce mardi 11 août 2026, le nouveau président n’a pas choisi le registre de l’autocélébration pour inaugurer son magistère. Il a plutôt parlé de devoir, de responsabilité et de cette humilité que commande toute charge placée au sommet de l’État.
À l’entendre, présider le Conseil constitutionnel n’est ni un privilège ni une consécration personnelle. C’est une charge dont la gravité impose retenue, discernement et sens aigu du devoir.
Dans l’enceinte où se rencontrent le droit, la République et la souveraineté populaire, Ousmane Diagne entend ainsi inscrire son action dans une exigence cardinale : la loyauté envers la Constitution, l’État de droit et l’indépendance de la justice constitutionnelle.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
La continuité dans la grandeur de l’institution
En prenant les rênes du Conseil constitutionnel, le nouveau président n’a pas davantage voulu faire table rase du passé. Il a rendu hommage à ses prédécesseurs, saluant leur compétence juridique, leur indépendance et leur sens de l’État.
Une manière de rappeler que les institutions survivent aux hommes et que leur grandeur ne tient pas à la personnalité de ceux qui les dirigent, mais à la fidélité avec laquelle ceux-ci accomplissent la mission qui leur est confiée.
Cette philosophie trouve son expression dans une formule particulièrement forte : « Les institutions ne tirent pas leur force de la puissance des hommes, mais de la loyauté avec laquelle ceux-ci les servent. »
Tout est dit.
Dans cette conception, l’autorité institutionnelle ne procède ni de la puissance ni de l’éclat, mais de la règle de droit.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
Le juge constitutionnel, gardien de la confiance démocratique
Au-delà de sa mission juridictionnelle, Ousmane Diagne a insisté sur la responsabilité démocratique du Conseil constitutionnel.
Parce qu’il intervient notamment dans le contentieux électoral et dans la proclamation des résultats définitifs des scrutins relevant de sa compétence, le Conseil se trouve au cœur d’un mécanisme essentiel : celui qui transforme le suffrage des citoyens en légitimité institutionnelle.
Il est donc, dans cette architecture républicaine, bien davantage qu’une juridiction parmi d’autres. Il est l’un des gardiens de la confiance démocratique.
Mais cette position impose une limite que le nouveau président a tenu à rappeler avec netteté : le Conseil constitutionnel n’est pas un acteur politique.
« Il ne gouverne pas. Il ne légifère pas. Il ne juge pas de l’opportunité des choix politiques. Il dit simplement le droit », a-t-il martelé.
Une déclaration qui sonne comme un rappel de principe, mais aussi comme une profession de foi : au Conseil constitutionnel, la politique ne saurait dicter le droit ; c’est le droit qui doit encadrer l’exercice du pouvoir.
 
L’indépendance comme condition de la confiance
Reste une exigence peut-être plus difficile encore : inspirer confiance. Car une décision de justice, particulièrement lorsqu’elle touche à la vie politique ou à une échéance électorale, ne produit pleinement son effet démocratique que lorsqu’elle est rendue dans un climat de sérénité et qu’elle apparaît, aux yeux des citoyens, comme le fruit d’un jugement indépendant et impartial.
Ousmane Diagne souhaite précisément que les décisions de l’institution puissent susciter « le respect, la confiance et la sérénité ».
Pour y parvenir, il mise également sur la collégialité, valorisant l’expérience et les compétences de ses pairs. La confrontation des intelligences, loin d’affaiblir la décision juridictionnelle, doit au contraire contribuer à l’éclairer et à la fortifier.
Le nouveau président dessine ainsi les contours d’un Conseil qui se voudrait indépendant dans son jugement, impartial dans ses décisions, mesuré dans son expression, ferme dans ses principes et entièrement voué à la Constitution.
 
Un mandat placé sous le regard de l’histoire
En succédant à Mamadou Badio Camara, Ousmane Diagne hérite d’une institution dont chaque décision peut peser sur le destin politique et institutionnel du Sénégal.
Son installation intervient dans un contexte où la consolidation de la confiance dans les institutions demeure une exigence majeure. Dans un tel environnement, le Conseil constitutionnel ne pourra être jugé uniquement sur la noblesse des principes énoncés par son président, mais sur la manière dont ces principes résisteront à l’épreuve des faits.
L’heure des déclarations solennelles cédera nécessairement la place à celle des décisions. Et c’est alors que se mesurera véritablement la portée du cap fixé ce 11 août 2026. Car au sommet de la République, la Constitution ne demande ni faveur ni complaisance.
Elle exige seulement des hommes chargés de la servir qu’ils demeurent fidèles à son esprit, à sa lettre et à l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est cette fidélité qu’Ousmane Diagne place désormais au cœur de son mandat.
Le temps dira si cette promesse de loyauté deviendra, au fil des décisions, la véritable signature de sa présidence.