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Réseau de transport en commun de Dakar / Marché de 6,389 milliards de FCFA : l’Arcop tranche le bras de fer entre TSG Sénégal et Mesure Process

Mercredi 5 Août 2026

Contestée par Mesure Process, l’attribution provisoire d’un marché lié à la restructuration du réseau de transport en commun de Dakar a été examinée par l’Autorité de régulation de la commande publique. Malgré certaines irrégularités relevées dans la traçabilité de l’évaluation, le recours a finalement été déclaré non fondé.


Le différend opposant Mesure Process au Conseil exécutif des transports urbains durables, le Cetud, autour d’un marché de 6,389 milliards de FCFA a été tranché par l’Autorité de régulation de la commande publique. Selon Libération, l’Arcop a rendu sa décision de fond le 17 juin 2026, après avoir préalablement suspendu la procédure d’attribution provisoire.
 
Le marché contesté s’inscrit dans le programme prioritaire du projet de restructuration du réseau de transport en commun de Dakar. Il porte sur la conception, la fourniture, le montage et l’installation d’équipements de stockage et de distribution de gaz naturel liquéfié.
 
Le projet de restructuration du réseau avait été lancé par le Cetud. Une partie de son financement, destinée à la première phase de mise en œuvre, avait été obtenue auprès de la Kreditanstalt für Wiederaufbau, plus connue sous le sigle KfW.
 
La procédure de sélection a été menée en deux étapes, conformément aux directives de la KfW. À la suite d’un appel à manifestation d’intérêt, cinq candidats avaient été présélectionnés puis invités à présenter leurs offres.
 
La séance d’ouverture des offres techniques s’est tenue le 14 octobre 2025. Deux offres ont finalement été examinées dans la phase déterminante de la procédure : celles de TSG Sénégal et de Mesure Process.
 
L’évaluation devait reposer sur une méthode associant la qualité et le coût. Une première appréciation technique devait être suivie d’une évaluation financière des entreprises ayant obtenu les résultats requis.
 
À l’issue de l’examen technique, TSG Sénégal a obtenu une note de 79,1 points sur 100, tandis que Mesure Process a obtenu 80,9 points. Les résultats de cette phase ont été notifiés aux soumissionnaires le 13 mars 2026.
 
Les offres financières des deux candidats qualifiés ont ensuite été ouvertes le 17 mars. Le montant annoncé pour TSG Sénégal s’élevait à 6 389 703 806,97 FCFA hors taxes. Celui de Mesure Process était de 5 792 391 200 FCFA hors taxes.
 
Malgré l’offre financière moins élevée de Mesure Process, l’évaluation combinée des volets technique et financier a placé TSG Sénégal en tête. TSG a obtenu une note globale de 85,25 %, contre 84,71 % pour Mesure Process. Le Cetud a alors proposé l’attribution provisoire du marché à TSG Sénégal.
 
Cette décision a été notifiée aux candidats le 6 mai 2026. Deux jours plus tard, le 8 mai, Mesure Process a introduit un recours gracieux auprès du Cetud pour contester les résultats de l’évaluation.
 
Le Cetud a rejeté ce recours par une correspondance datée du 12 mai. Mesure Process a alors saisi, le 18 mai, le Comité de règlement des différends de l’Arcop afin d’obtenir l’annulation de l’attribution provisoire.
 
Par une décision rendue le 21 mai, le Comité a déclaré le recours recevable et ordonné la suspension de la procédure. Il a également demandé au Cetud de lui transmettre l’ensemble des documents relatifs au marché pour les besoins de l’instruction.
 
Le Cetud a transmis les pièces requises par une lettre datée du 3 juin et reçue par l’Arcop le 5 juin 2026. L’autorité de régulation a alors procédé à l’examen de la procédure, des procès-verbaux, des offres et des échanges intervenus pendant l’évaluation.
 
Mesure Process a soulevé plusieurs griefs. L’entreprise a notamment estimé que le procès-verbal d’ouverture des offres financières ne contenait pas toutes les informations nécessaires à la compréhension et à la vérification des montants retenus.
 
Elle a également dénoncé l’absence de signature de certains membres ayant participé à la séance. Selon la requérante, le Cetud ne lui aurait pas communiqué les éléments ayant permis d’établir les notes financières attribuées, notamment les prix de référence, les montants liés aux droits de douane et les méthodes utilisées pour parvenir aux résultats annoncés.
 
Mesure Process a surtout contesté le traitement réservé aux droits de douane dans l’évaluation de l’offre de TSG Sénégal. Elle estimait que le dossier d’appel d’offres imposait une présentation des prix hors taxes et hors droits de douane.
 
Selon son argumentaire, l’offre de TSG, telle qu’elle avait été ouverte et lue publiquement, ne pouvait pas faire l’objet d’un retraitement ultérieur consistant à déduire les droits de douane pour reconstituer le prix évalué.
 
L’entreprise a également relevé une différence significative entre le montant annoncé lors de l’ouverture des offres financières et celui finalement retenu dans la notation de TSG Sénégal. Elle considérait que cette modification n’avait pas été suffisamment justifiée et qu’elle portait atteinte aux principes de transparence et de traçabilité.
 
Mesure Process demandait ainsi l’annulation de la décision d’attribution provisoire, le rejet de l’offre de TSG Sénégal et la reprise de l’évaluation des offres.
 
Après examen du dossier, l’Arcop a reconnu que le procès-verbal d’ouverture des offres financières souffrait d’une insuffisance de transparence et de traçabilité. L’autorité n’a cependant pas considéré que cette irrégularité justifiait l’annulation de toute la procédure.
 
Le régulateur a estimé que les échanges intervenus entre le comité d’évaluation et TSG Sénégal constituaient de simples demandes de clarification autorisées par le dossier d’appel d’offres et par l’article 25-9 des directives de la KfW.
 
Selon l’Arcop, ces échanges n’ont entraîné aucune modification du prix ni de la substance de l’offre de TSG Sénégal. Sur cette base, l’autorité de régulation a rejeté le recours de Mesure Process comme étant non fondé, maintenant ainsi l’issue de l’évaluation en faveur de TSG Sénégal.



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Prisons : La fouille à nu désormais bannie à l'admission des détenus

Dans une note de service datée du 10 août 2026, la Direction générale de l'Administration pénitentiaire (DGAP) annonce l'interdiction de la fouille à nu des personnes détenues lors de leur admission dans les établissements pénitentiaires du pays.
​Signé par le Directeur général, l'Inspecteur Aliou Ciss, ce document s'inscrit dans le cadre du respect des textes nationaux — notamment les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 modifiant les procédures d'exécution des sanctions pénales — et des standards internationaux, en particulier les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Mandela ».
​Bien que la fouille soit reconnue comme une « mesure de sécurité nécessaire pour protéger le personnel pénitentiaire, les détenus et les usagers de la prison contre l'introduction d'objets ou de produits prohibés », l'autorité pénitentiaire souligne la nécessité de moderniser et d'adoucir les pratiques du terrain.

« De façon générale, elle est humiliante et dégradante »

​Le diagnostic posé par la Direction générale est sans équivoque sur l'impact de ces méthodes sur la personne humaine. « Constat a été fait que dans la pratique, les différentes fouilles effectuées comme la fouille par palpation, la fouille à nu, la fouille des locaux, des colis méritent d'être plus humanisées, en particulier celle à nu », relève l'Inspecteur Aliou Ciss.
​Le Directeur général insiste particulièrement sur la préservation de la dignité des arrivants : « De façon générale, elle est humiliante, dégradante et porte atteinte à la dignité humaine quel que soit l'impératif de sécurité visé. Pour cette raison elle doit s'effectuer avec tact, sans brutalité, dans une parfaite correction et dans le respect de la dignité de la personne humaine. » La note rappelle également le principe fondamental selon lequel la fouille doit impérativement être effectuée par un personnel de même sexe.

Des mesures concrètes et des exceptions très encadrées

​Dans un souci affirmé de renforcer le respect des droits humains, les autorités étatiques ont pris la décision de mettre un terme à la fouille à nu systématique lors des admittances. Pour formaliser ce changement de cap, la direction enjoint les responsables d'établissements de désigner un cadre responsable de la procédure de fouille et d'aménager des locaux ou box individuels pour isoler les arrivants.
​Désormais, les agents ne doivent recourir à la fouille systématique des nouveaux arrivants que par nécessité, en arrêtant la pratique du déshabillage intégral et en procédant aux contrôles tout en leur laissant leur culotte.
​La note de service prévoit toutefois un cadre d'exception très strict pour les situations à risque élevé. « En cas de présomption précise d'infraction ou d'un risque avéré pour la sécurité, et si les palpations sur culotte s'avèrent insuffisantes, on peut procéder exceptionnellement à la fouille à nu », précise le texte.
​Affirmant attacher un « prix au strict respect » de ces nouvelles dispositions, le Directeur général de l'Administration pénitentiaire a indiqué que cette mesure prenait effet immédiatement à compter de sa date de signature.


Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit

Installé à la tête de la haute juridiction constitutionnelle, l’ancien procureur général près la Cour suprême entend placer son mandat sous le sceau de l’humilité, de l’indépendance du juge et de la fidélité absolue à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel du Sénégal tourne une page de son histoire. Plus d’un an après la disparition de Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025, l’institution accueille désormais à sa tête Ousmane Diagne.
Installé officiellement ce mardi 11 août 2026, le nouveau président n’a pas choisi le registre de l’autocélébration pour inaugurer son magistère. Il a plutôt parlé de devoir, de responsabilité et de cette humilité que commande toute charge placée au sommet de l’État.
À l’entendre, présider le Conseil constitutionnel n’est ni un privilège ni une consécration personnelle. C’est une charge dont la gravité impose retenue, discernement et sens aigu du devoir.
Dans l’enceinte où se rencontrent le droit, la République et la souveraineté populaire, Ousmane Diagne entend ainsi inscrire son action dans une exigence cardinale : la loyauté envers la Constitution, l’État de droit et l’indépendance de la justice constitutionnelle.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
La continuité dans la grandeur de l’institution
En prenant les rênes du Conseil constitutionnel, le nouveau président n’a pas davantage voulu faire table rase du passé. Il a rendu hommage à ses prédécesseurs, saluant leur compétence juridique, leur indépendance et leur sens de l’État.
Une manière de rappeler que les institutions survivent aux hommes et que leur grandeur ne tient pas à la personnalité de ceux qui les dirigent, mais à la fidélité avec laquelle ceux-ci accomplissent la mission qui leur est confiée.
Cette philosophie trouve son expression dans une formule particulièrement forte : « Les institutions ne tirent pas leur force de la puissance des hommes, mais de la loyauté avec laquelle ceux-ci les servent. »
Tout est dit.
Dans cette conception, l’autorité institutionnelle ne procède ni de la puissance ni de l’éclat, mais de la règle de droit.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
Le juge constitutionnel, gardien de la confiance démocratique
Au-delà de sa mission juridictionnelle, Ousmane Diagne a insisté sur la responsabilité démocratique du Conseil constitutionnel.
Parce qu’il intervient notamment dans le contentieux électoral et dans la proclamation des résultats définitifs des scrutins relevant de sa compétence, le Conseil se trouve au cœur d’un mécanisme essentiel : celui qui transforme le suffrage des citoyens en légitimité institutionnelle.
Il est donc, dans cette architecture républicaine, bien davantage qu’une juridiction parmi d’autres. Il est l’un des gardiens de la confiance démocratique.
Mais cette position impose une limite que le nouveau président a tenu à rappeler avec netteté : le Conseil constitutionnel n’est pas un acteur politique.
« Il ne gouverne pas. Il ne légifère pas. Il ne juge pas de l’opportunité des choix politiques. Il dit simplement le droit », a-t-il martelé.
Une déclaration qui sonne comme un rappel de principe, mais aussi comme une profession de foi : au Conseil constitutionnel, la politique ne saurait dicter le droit ; c’est le droit qui doit encadrer l’exercice du pouvoir.
 
L’indépendance comme condition de la confiance
Reste une exigence peut-être plus difficile encore : inspirer confiance. Car une décision de justice, particulièrement lorsqu’elle touche à la vie politique ou à une échéance électorale, ne produit pleinement son effet démocratique que lorsqu’elle est rendue dans un climat de sérénité et qu’elle apparaît, aux yeux des citoyens, comme le fruit d’un jugement indépendant et impartial.
Ousmane Diagne souhaite précisément que les décisions de l’institution puissent susciter « le respect, la confiance et la sérénité ».
Pour y parvenir, il mise également sur la collégialité, valorisant l’expérience et les compétences de ses pairs. La confrontation des intelligences, loin d’affaiblir la décision juridictionnelle, doit au contraire contribuer à l’éclairer et à la fortifier.
Le nouveau président dessine ainsi les contours d’un Conseil qui se voudrait indépendant dans son jugement, impartial dans ses décisions, mesuré dans son expression, ferme dans ses principes et entièrement voué à la Constitution.
 
Un mandat placé sous le regard de l’histoire
En succédant à Mamadou Badio Camara, Ousmane Diagne hérite d’une institution dont chaque décision peut peser sur le destin politique et institutionnel du Sénégal.
Son installation intervient dans un contexte où la consolidation de la confiance dans les institutions demeure une exigence majeure. Dans un tel environnement, le Conseil constitutionnel ne pourra être jugé uniquement sur la noblesse des principes énoncés par son président, mais sur la manière dont ces principes résisteront à l’épreuve des faits.
L’heure des déclarations solennelles cédera nécessairement la place à celle des décisions. Et c’est alors que se mesurera véritablement la portée du cap fixé ce 11 août 2026. Car au sommet de la République, la Constitution ne demande ni faveur ni complaisance.
Elle exige seulement des hommes chargés de la servir qu’ils demeurent fidèles à son esprit, à sa lettre et à l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est cette fidélité qu’Ousmane Diagne place désormais au cœur de son mandat.
Le temps dira si cette promesse de loyauté deviendra, au fil des décisions, la véritable signature de sa présidence.