Moustapha Diaw Racines Socialistes sur la DPG «Il faut revenir au sens profond du scrutin de mars 2024... »

Rédigé le Dimanche 13 Septembre 2026 à 09:42 | Lu 11 commentaire(s)


Permettez moi Monsieur le Premier Ministre
Le peuple a voté la rupture, pas la continuité……

En mars 2024, le Sénégal n’a pas simplement changé de majorité : il a exprimé une volonté de rupture avec une manière de gouverner. Le vote Diomaye portait une promesse de refondation de l’État, de moralisation de la vie publique et de transformation des institutions. Deux ans après, une question s’impose : sommes-nous encore dans la
rupture promise ou sommes-nous déjà revenus à la simple gestion des affaires courantes?
 

Mars 2024 : un vote de rupture, pas un simple vote d’alternance

Il faut revenir au sens profond du scrutin de mars 2024. Le peuple sénégalais n’a pas seulement voulu sanctionner un pouvoir sortant ni demandé que des hommes remplacent d’autres hommes dans les bureaux de l’administration et les palais de la République. Il a demandé autre chose : que la manière de gouverner change et que l’État soit débarrassé des pratiques qui nourrissent la défiance — opacité, privilèges, rentes, clientélisme, gaspillage, concentration excessive des pouvoirs, absence de reddition des comptes et sentiment d’impunité. Ce vote était donc porteur d’une exigence bien plus profonde qu’une alternance classique : il exprimait une aspiration à la refondation.
C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le Programme de Diomaye Président. Celui-ci ne constituait pas un catalogue de promesses électorales destinées à disparaître après le scrutin. Il proposait une nouvelle conception de l’État : plus transparent, plus sobre, plus efficace, plus responsable et davantage tourné vers l’intérêt général. Le mandat populaire était clair : il fallait changer le système de gouvernance, et pas seulement changer ceux qui le gouvernent. 
La question que personne ne peut plus éviter
Deux ans après l’alternance, cette promesse mérite d’être confrontée à la réalité : où en
sommes-nous ? Il ne s’agit pas de nier les difficultés économiques auxquelles le Sénégal
est confronté. Elles sont réelles, et la situation des finances publiques impose des choix
difficiles. La dette, les déficits, les subventions, la pression sociale et les attentes légitimes des populations constituent autant de contraintes auxquelles aucun gouvernement ne peut échapper. Mais une difficulté économique ne doit pas faire disparaître la question, car le Sénégal n’a pas voté en 2024 pour un simple programme d’assainissement comptable : il a voté pour une transformation.
C’est précisément lorsque les ressources publiques sont rares que la réforme de l’État devient indispensable. Un État coûteux, lent, bureaucratique et insuffisamment contrôlé ne peut pas être durablement compatible avec une ambition de développement. La réduction des dépenses ne suffit donc pas : il faut réduire les dysfonctionnements qui produisent les mauvaises dépenses, revoir les structures, supprimer les doublons, clarifier les responsabilités, renforcer les mécanismes de contrôle et rendre compte de l’utilisation de chaque franc public. Il faut surtout faire comprendre au citoyen que les sacrifices qui lui sont demandés s’accompagnent d’une transformation réelle de l’État.
 






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