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Mouhamadou Mactar Cissé : « Tout manquement est de la responsabilité de l'État »

Mercredi 5 Août 2026

 
La cérémonie officielle marquant la clôture de la 132ᵉ édition du Grand Magal de Touba a été l’occasion pour le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Mactar Cissé, de réaffirmer les engagements de l’État envers la cité religieuse et de renouveler l’attachement des autorités aux valeurs de paix, d’unité nationale et de cohésion sociale portées par le Magal.

À l’entame de son allocution, le ministre a présenté, au nom du Chef de l’État et de l’ensemble de la Nation, ses condoléances aux familles des pèlerins décédés sur les routes du Magal. Il a également souhaité un prompt rétablissement aux blessés, tout en insistant sur la nécessité d’une plus grande prudence sur les axes routiers. Évoquant les accidents enregistrés, il a rappelé que la responsabilité humaine demeure un facteur déterminant et a appelé les usagers à adopter un comportement plus responsable.

« Tout manquement est de la responsabilité de l’État », a déclaré Mouhamadou Mactar Cissé, réaffirmant ainsi la volonté du gouvernement d’améliorer continuellement le dispositif d’organisation et d’accompagnement du Grand Magal.

Le ministre Cissé a salué la qualité de l’organisation de cette édition 2026, rendue possible grâce à l’implication des autorités religieuses, des services de l’État, des collectivités territoriales, des forces de défense et de sécurité ainsi que de l’ensemble des acteurs mobilisés. Il a également invité les différentes parties prenantes à consolider cette dynamique de concertation, estimant que les échanges entre les responsables politiques et les autorités religieuses ne doivent pas se limiter aux seules périodes de célébration.

Revenant sur le sens profond du Grand Magal, Mouhamadou Mactar Cissé a souligné que cet événement constitue bien plus qu’un rassemblement religieux. Il est, selon lui, une école de discipline, de solidarité, de sacrifice et de dépassement de soi, dont les enseignements doivent inspirer l’action publique et le vivre-ensemble au Sénégal.

Le ministre a, par ailleurs, relayé le message du Président de la République, invitant les Sénégalais à préserver l’unité nationale, la cohésion sociale et le dialogue permanent. Il a réitéré la sollicitation du Chef de l’État auprès du Khalife général des Mourides Serigne Mountakha Bassirou Mbacké afin que ses prières continuent d’accompagner le Sénégal dans sa quête de paix, de stabilité et de concorde.

Dans le même élan, Mouhamadou Mactar Cissé a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs intervenant dans la préparation du Magal. Il les a exhortés à poursuivre les efforts, notamment dans les domaines des infrastructures routières, de l’assainissement et de l’organisation de l’espace public, afin d’améliorer durablement les conditions d’accueil des millions de pèlerins.

La cérémonie officielle s’est déroulée en présence d’une importante délégation gouvernementale comprenant notamment le ministre des Transports terrestres et aériens, Abdoul Ahad Ndiaye, le ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, porte-parole du  Gouvernement, Bakary Sarr, le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, ainsi que le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba. Les ministres en charge des Collectivités territoriales, Bala Moussa Fofana, et des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, faisaient également partie de la délégation officielle.

Autour du président du comité d’organisation du Grand Magal et porte-parole du Khalife général des Mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, la cérémonie a réuni plusieurs autorités religieuses de Touba, des parlementaires, des ambassadeurs accrédités au Sénégal, des délégations étrangères ainsi que des représentants de nombreux foyers religieux du pays, témoignant du rayonnement national et international du Grand Magal de Touba.



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Prisons : La fouille à nu désormais bannie à l'admission des détenus

Dans une note de service datée du 10 août 2026, la Direction générale de l'Administration pénitentiaire (DGAP) annonce l'interdiction de la fouille à nu des personnes détenues lors de leur admission dans les établissements pénitentiaires du pays.
​Signé par le Directeur général, l'Inspecteur Aliou Ciss, ce document s'inscrit dans le cadre du respect des textes nationaux — notamment les articles 135 et 177 du décret n°2001-362 du 4 mai 2001 modifiant les procédures d'exécution des sanctions pénales — et des standards internationaux, en particulier les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dites « Règles Mandela ».
​Bien que la fouille soit reconnue comme une « mesure de sécurité nécessaire pour protéger le personnel pénitentiaire, les détenus et les usagers de la prison contre l'introduction d'objets ou de produits prohibés », l'autorité pénitentiaire souligne la nécessité de moderniser et d'adoucir les pratiques du terrain.

« De façon générale, elle est humiliante et dégradante »

​Le diagnostic posé par la Direction générale est sans équivoque sur l'impact de ces méthodes sur la personne humaine. « Constat a été fait que dans la pratique, les différentes fouilles effectuées comme la fouille par palpation, la fouille à nu, la fouille des locaux, des colis méritent d'être plus humanisées, en particulier celle à nu », relève l'Inspecteur Aliou Ciss.
​Le Directeur général insiste particulièrement sur la préservation de la dignité des arrivants : « De façon générale, elle est humiliante, dégradante et porte atteinte à la dignité humaine quel que soit l'impératif de sécurité visé. Pour cette raison elle doit s'effectuer avec tact, sans brutalité, dans une parfaite correction et dans le respect de la dignité de la personne humaine. » La note rappelle également le principe fondamental selon lequel la fouille doit impérativement être effectuée par un personnel de même sexe.

Des mesures concrètes et des exceptions très encadrées

​Dans un souci affirmé de renforcer le respect des droits humains, les autorités étatiques ont pris la décision de mettre un terme à la fouille à nu systématique lors des admittances. Pour formaliser ce changement de cap, la direction enjoint les responsables d'établissements de désigner un cadre responsable de la procédure de fouille et d'aménager des locaux ou box individuels pour isoler les arrivants.
​Désormais, les agents ne doivent recourir à la fouille systématique des nouveaux arrivants que par nécessité, en arrêtant la pratique du déshabillage intégral et en procédant aux contrôles tout en leur laissant leur culotte.
​La note de service prévoit toutefois un cadre d'exception très strict pour les situations à risque élevé. « En cas de présomption précise d'infraction ou d'un risque avéré pour la sécurité, et si les palpations sur culotte s'avèrent insuffisantes, on peut procéder exceptionnellement à la fouille à nu », précise le texte.
​Affirmant attacher un « prix au strict respect » de ces nouvelles dispositions, le Directeur général de l'Administration pénitentiaire a indiqué que cette mesure prenait effet immédiatement à compter de sa date de signature.


Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit

Installé à la tête de la haute juridiction constitutionnelle, l’ancien procureur général près la Cour suprême entend placer son mandat sous le sceau de l’humilité, de l’indépendance du juge et de la fidélité absolue à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel du Sénégal tourne une page de son histoire. Plus d’un an après la disparition de Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025, l’institution accueille désormais à sa tête Ousmane Diagne.
Installé officiellement ce mardi 11 août 2026, le nouveau président n’a pas choisi le registre de l’autocélébration pour inaugurer son magistère. Il a plutôt parlé de devoir, de responsabilité et de cette humilité que commande toute charge placée au sommet de l’État.
À l’entendre, présider le Conseil constitutionnel n’est ni un privilège ni une consécration personnelle. C’est une charge dont la gravité impose retenue, discernement et sens aigu du devoir.
Dans l’enceinte où se rencontrent le droit, la République et la souveraineté populaire, Ousmane Diagne entend ainsi inscrire son action dans une exigence cardinale : la loyauté envers la Constitution, l’État de droit et l’indépendance de la justice constitutionnelle.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
La continuité dans la grandeur de l’institution
En prenant les rênes du Conseil constitutionnel, le nouveau président n’a pas davantage voulu faire table rase du passé. Il a rendu hommage à ses prédécesseurs, saluant leur compétence juridique, leur indépendance et leur sens de l’État.
Une manière de rappeler que les institutions survivent aux hommes et que leur grandeur ne tient pas à la personnalité de ceux qui les dirigent, mais à la fidélité avec laquelle ceux-ci accomplissent la mission qui leur est confiée.
Cette philosophie trouve son expression dans une formule particulièrement forte : « Les institutions ne tirent pas leur force de la puissance des hommes, mais de la loyauté avec laquelle ceux-ci les servent. »
Tout est dit.
Dans cette conception, l’autorité institutionnelle ne procède ni de la puissance ni de l’éclat, mais de la règle de droit.
 
Au Conseil constitutionnel, Ousmane Diagne ouvre une nouvelle ère sous le signe de la loyauté et de l’État de droit
Le juge constitutionnel, gardien de la confiance démocratique
Au-delà de sa mission juridictionnelle, Ousmane Diagne a insisté sur la responsabilité démocratique du Conseil constitutionnel.
Parce qu’il intervient notamment dans le contentieux électoral et dans la proclamation des résultats définitifs des scrutins relevant de sa compétence, le Conseil se trouve au cœur d’un mécanisme essentiel : celui qui transforme le suffrage des citoyens en légitimité institutionnelle.
Il est donc, dans cette architecture républicaine, bien davantage qu’une juridiction parmi d’autres. Il est l’un des gardiens de la confiance démocratique.
Mais cette position impose une limite que le nouveau président a tenu à rappeler avec netteté : le Conseil constitutionnel n’est pas un acteur politique.
« Il ne gouverne pas. Il ne légifère pas. Il ne juge pas de l’opportunité des choix politiques. Il dit simplement le droit », a-t-il martelé.
Une déclaration qui sonne comme un rappel de principe, mais aussi comme une profession de foi : au Conseil constitutionnel, la politique ne saurait dicter le droit ; c’est le droit qui doit encadrer l’exercice du pouvoir.
 
L’indépendance comme condition de la confiance
Reste une exigence peut-être plus difficile encore : inspirer confiance. Car une décision de justice, particulièrement lorsqu’elle touche à la vie politique ou à une échéance électorale, ne produit pleinement son effet démocratique que lorsqu’elle est rendue dans un climat de sérénité et qu’elle apparaît, aux yeux des citoyens, comme le fruit d’un jugement indépendant et impartial.
Ousmane Diagne souhaite précisément que les décisions de l’institution puissent susciter « le respect, la confiance et la sérénité ».
Pour y parvenir, il mise également sur la collégialité, valorisant l’expérience et les compétences de ses pairs. La confrontation des intelligences, loin d’affaiblir la décision juridictionnelle, doit au contraire contribuer à l’éclairer et à la fortifier.
Le nouveau président dessine ainsi les contours d’un Conseil qui se voudrait indépendant dans son jugement, impartial dans ses décisions, mesuré dans son expression, ferme dans ses principes et entièrement voué à la Constitution.
 
Un mandat placé sous le regard de l’histoire
En succédant à Mamadou Badio Camara, Ousmane Diagne hérite d’une institution dont chaque décision peut peser sur le destin politique et institutionnel du Sénégal.
Son installation intervient dans un contexte où la consolidation de la confiance dans les institutions demeure une exigence majeure. Dans un tel environnement, le Conseil constitutionnel ne pourra être jugé uniquement sur la noblesse des principes énoncés par son président, mais sur la manière dont ces principes résisteront à l’épreuve des faits.
L’heure des déclarations solennelles cédera nécessairement la place à celle des décisions. Et c’est alors que se mesurera véritablement la portée du cap fixé ce 11 août 2026. Car au sommet de la République, la Constitution ne demande ni faveur ni complaisance.
Elle exige seulement des hommes chargés de la servir qu’ils demeurent fidèles à son esprit, à sa lettre et à l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est cette fidélité qu’Ousmane Diagne place désormais au cœur de son mandat.
Le temps dira si cette promesse de loyauté deviendra, au fil des décisions, la véritable signature de sa présidence.